BEKSINSKI Zdzislaw

Artiste peintre, photographe, dessinateur et sculpteur, né en 1929 à Sanok (Pologne) et décédé tragiquement en 2005 à Varsovie.
En 1947, sous la pression de son père, il entre à l’École polytechnique de Cracovie (faisant à l’époque partie de l’École des mines et de la métallurgie de Cracovie) où il étudie l’architecture. Il obtient son diplôme en 1952 et dans le cadre de l’obligation de travail imposée à l’époque aux jeunes diplômés, il est embauché comme chef de chantier par une entreprise de bâtiment d’État. Bien que Beksinski dessine depuis son enfance, c’est à partir de 1953 qu’il s’intéresse sérieusement à la photographie, à la peinture et à la sculpture, sans doute pour fuir un métier qu’il n’apprécie pas.
La carrière artistique de Beksinski débute par la photographie, domaine dans lequel il gagne très rapidement la renommée et la considération du milieu professionnel et participe à de nombreuses expositions en Pologne et à l’étranger. Déjà ses œuvres précoces se caractérisent par son attitude méprisante à l’égard du réel qu’il cherche à transformer sous l’influence de sa propre vision. La photographie le fascine justement non en tant que moyen de représenter la réalité objective, mais par son aspect « chimique », son côté artificiel et « traité », attirant l’artiste qui déclare « détester tout ce qui est « nature » ». De même, dans ses dessins de cette période (années 1950 – début des années 1960), les déformations expressionnistes sont parfois poussées si loin que le lien avec la réalité semble à peine conservé, rapprochant ses travaux de l’abstraction.
En 1960, l’artiste abandonne la photographie et commence dans ses dessins, peintures, scultures et bas-reliefs à expérimenter avec la forme, les matériaux et les procédés artistiques, utilisant par exemple la tôle et le fil de fer soumis à différents processus (tels que le traitement à l’acide, la cuisson, le polissage, etc.). Parallèlement, il continue à dessiner, réalisant d’abord des formats moyens à la plume ou au stylo-bille. Puis, au début des années 1970, il évolue vers des formats plus grands à la craie noire, très proches stylistiquement et thématiquement de ses toiles.
Quant à la peinture à l’huile, elle apparaît relativement tard dans l’œuvre de Beksinski – il présente pour la première fois ses tableaux réalisés dans cette technique seulement en 1970 – mais connaît rapidement un grand succès. Ces œuvres évoquent le plus souvent un univers fantastique : paysages étranges et désolés, créatures étranges – humaines ou hybrides – momifiées, en décomposition ou semblables à des squelettes. En même temps, Beksinski peint et dessine avec une extrême précision et un sens aigu du détail. Par conséquent, ses œuvres témoignent non seulement de l’imaginaire à la fois fantastique et trouble de l’artiste, mais également de son impressionnante maîtrise de la technique exigeante qu’est la peinture à l’huile. D’ailleurs, connu pour son perfectionnisme, Beksinski pouvait passer plusieurs jours devant une toile pour l’abandonner presque achevée et recommencer une nouvelle par-dessus.
La première exposition importante de Beksinski est organisée en 1964 à Varsovie. Elle présente notamment ses dessins et provoque une réaction mixte du public et de la critique. Dans les années suivantes, l’artiste continue à présenter son travail lors de différents événements individuels et collectifs, mais c’est seulement son exposition à la galerie « Contemporaine » à Varsovie en 1972 qui le révèle au grand public.
Dans les années 1990, l’artiste acquiert une renommée internationale principalement en France, Allemagne, Belgique et au Japon, grâce, entre autres, aux efforts de Piotr Dmochowski, qui a organisé plusieurs expositions de l’artiste, édité des publications et fait réaliser le film « Hommage à Beksinski ». Il a également fondé un musée-galerie de Beksinski à Paris dans lequel il a présenté ses œuvres de 1989 à 1995.

Finalement, en 1999, le Musée Historique de Sanok qui détient la plus grande collection d’œuvres de Beksinski organise une importante exposition monographique, confirmant ainsi sa position d’artiste renommé. Paradoxalement, Zdzislaw Beksinski était une personne extrêmement introvertie : déjà en 1977, il quitte sa ville natale dans laquelle il est devenu une célébrité pour s’installer à Varsovie, espérant se fondre dans l’anonymat de la capitale. De plus, l’artiste n’a jamais quitté la Pologne – refusant même une bourse du Musée Guggenheim à New York – ni participé à ses vernissages.
Il a connu une vie personnelle tragique : en 1998 sa femme bien-aimée décède et l’année suivante, son unique fils se suicide. Le 21 février 2005, l’artiste est violemment assassiné dans son appartement à Varsovie.